Maître Moy Lin-Shin 1931 - 1998



Maître Moy Lin-shin était maître des arts internes de santé tai chi taoïste ™ et moine taoïste. Il a consacré sa vie à l’étude des principes de rétablissement de la santé des arts taoïstes et des arts martiaux afin de les rendre accessibles à tous. Dans sa jeunesse, alors doté d’une santé défaillante, M. Moy a adressé un voeu à Kuan Yin (Guanyin), bodhisattva de la compassion, promettant que si sa santé s’améliorait, il consacrerait sa vie à aider les autres. Une fois sa santé rétablie grâce à l’apprentissage des arts internes taoïstes chinois, tels que la méditation le ch’i kung (qigong), le tai chi et le lok hup ba fa (Liuhebafa), M. Moy a accompli son voeu. Il a fait la synthèse d’un puissant système de santé maintenant connu sous le nom des arts internes de santé tai chi taoïste ™ et il a établi une organisation bénévole permettant la diffusion efficace de ses connaissances aux quatre coins du monde. Maître Moy a immigré au Canada en 1970 et il a fondé l’Association de tai chi de Toronto, puis La société de tai chi taoïste du Canada ainsi que La société internationale de tai chi taoïste afin de faire connaître au public les bienfaits de cet art sur la santé. Sa vision et sa détermination à aider ses semblables à retrouver la santé ont permis la création de plus de 500 sections locales de La société internationale de tai chi taoïste dans plus de 28 pays. La vision de maître Moy ainsi que son objectif d’aider les autres exprimaient une connaissance profonde de la pratique physique et spirituelle des arts taoïstes. Dans le taoïsme, l’interaction simultanée du corps et de l’esprit est un moyen d’améliorer la santé. Maître Moy incitait constamment ses étudiants à considérer la santé dans sa globalité. Il donnait aux membres de La société de tai chi taoïste, de l’Académie de Lok Hup Gei Pang et de l’Institut de taoïsme Fung Loy Kok l’exemple parfait de la compassion, de l’humilité et du don de soi. Maître Moy se qualifiait toujours lui-même d’instructeur bénévole et parlait souvent de son statut d’élève et de ses visites à ses propres maîtres. Il a été le premier à contribuer financièrement au soutien des causes de l'association et il a mis sur pied d’innombrables activités à caractère charitable.

Oeuvrant sans relâche à la mise en place d’une vaste organisation internationale destinée à aider les autres, M. Moy se souciait aussi des petits détails de la vie. Un jour, par exemple, il lut dans le journal qu’un service d’incendie local avait besoin d’un défibrillateur. En l’espace de deux jours, M. Moy avait organisé une collecte de fonds et envoyait par la suite un chèque de 8 000 $ au conseil municipal afin qu’il soit remis à son destinataire. À sa résidence de la rue D’Arcy, à Toronto, M. Moy encourageait les membres de l'association à venir en aide aux aînés en organisant à leur intention des cours d’anglais et des banquets à titre gracieux, puis en offrant les moyens de transport nécessaires à leurs déplacements ainsi qu’aux visites à domicile et aux activités sociales. M. Moy a mis sur pied, sur la rue D’Arcy, un programme de distribution de nourriture pour les sans-abris qui se poursuit encore aujourd’hui tous les lundis.

Au chapitre des innombrables initiatives de maître Moy destinées à aider les personnes dans le besoin, soulignons la création de classes des arts internes de santé tai chi taoïste ™ offertes aux personnes atteintes du VIH-sida et à de nombreux autres groupes aux prises avec des problèmes de santé particuliers. Il a personnellement dirigé la collecte de fonds en vue de la construction des installations du Centre de rétablissement de la santé situé au Centre international de tai chi taoïste d’Orangeville, où des gens atteints de problèmes de santé peuvent maintenant participer à des ateliers spéciaux. Juste avant son décès en 1998, M. Moy a été admis à l’hôpital de Mississauga et lorsqu’il a appris que cet hôpital menait une collecte de fonds, il a démarré une campagne qui a permis de réunir plus de 100 000 $ provenant des membres de La société de tai chi taoïste.

M. Moy a toujours rendu ses enseignements accessibles à tous par son exemple et son encadrement. Dans toutes ses actions, maître Moy incarnait le principe taoïste qui consiste à consacrer sa vie à alléger les souffrances d’autrui. Tirant avantage de la rapidité du transport aérien et des autres technologies modernes, maître Moy animait fréquemment bon nombre de classes et d’ateliers partout au Canada, aux États-Unis en Grande-Bretagne, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il a formé personnellement des dizaines de milliers de personnes et a transmis son inspiration et des corrections détaillées à ceux et celles qui étaient prêts à travailler ardemment pour atteindre un niveau élevé dans leur pratique. Tout au long de sa vie, maître Moy s’est montré fermement dévoué à son art et à sa volonté d’aider les autres et ce, même après que sa propre santé ait commencé à subir les contrecoups de ses efforts incessants consacrés à l’enseignement et à l’organisation de l'association.

La santé défaillante dont M. Moy était pourvu dans sa jeunesse était en partie due aux bouleversements causés par l’occupation de la Chine par les Japonais durant la Deuxième Guerre mondiale. Après la guerre, il a commencé son apprentissage dans un temple taoïste où on l’a initié à la méditation, aux rituels et aux cérémonies. Sa famille a ensuite quitté la province de Kuang Tung (Guangdong) pour s’installer à Hong Kong à la suite de la révolution communiste de 1949. Il a par la suite poursuivi son entraînement au temple et débuté son apprentissage des arts martiaux internes auprès de plusieurs enseignants.

M. Moy est devenu l’élève de maître Liang Tsu-p’eng (Liang Zipeng, ou « Leung Jee-pang » en cantonnais) (1900-1974), éminent instructeur de lok hup ba fa, de tai chi et autres arts. Maître Liang est arrivé à Hong Kong après avoir vécu à Shanghai et avoir été un adepte respecté du kung fu de style « serre d’aigle », à l’Académie des arts martiaux Ching Wu (Jingwu). À la fin de sa vie, maître Liang a consacré ses énergies aux styles internes, tels que le lok hup. Cette dernière forme, visuellement élégante et intérieurement puissante, a occupé une place toute particulière dans la synthèse du style taoïste établie par maître Moy. Pendant de nombreuses années à Hong Kong, maître Moy a aussi reçu les enseignements de maître Sun Dit, co-disciple de maître Leung, reconnu en particulier pour ses talents dans l’art du Hsing-I (Xingyi) et du pousse-mains. Durant cette période, maître Moy a aussi rencontré un maître de Chi kung qui vivait reclus et n’acceptait normalement aucun élève. Mais, ressentant de la compassion pour M. Moy, celui-ci a commencé à lui enseigner. Graduellement, au cours d’un certain nombre d’années, la santé de M. Moy s’est améliorée grâce aux enseignements et aux soins prodigués par ses maîtres. C’est au cours de cette période de labeur quotidien pour recouvrer la santé que M. Moy a demandé l’aide de Kuan Yin et a fait le voeu de consacrer sa vie à aider les autres. Au fur et à mesure que sa propre santé s’améliorait, M. Moy n’a ménagé aucun effort pour chercher à comprendre l’essence des bienfaits pour la santé des arts internes qu’il étudiait. Il a ensuite incorporé ces principes dans les 108 mouvements de l’enchaînement des arts internes de santé tai chi taoïste ™.

Ce qui caractérise et distingue les arts internes de santé tai chi taoïste ™ sont leur orientation sur les effets positifs sur la santé dans chaque mouvement de l’enchaînement, d’où l’importance accordée dans cette forme aux rotations et aux étirements ainsi qu’aux angle précis dans l’alignement des pieds et des hanches. Mais, plus important encore, M. Moy a précisé que les arts internes de santé tai chi taoïste ™ ne devaient être enseignés que par des bénévoles, dans le cadre d’une organisation à but non lucratif et charitable, car c'est avant tout un véhicule servant à tempérer le coeur, à aider les autres et à cultiver la compassion. La réalisation exceptionnelle de maître Moy a consisté non seulement à mettre au point un système simple mais puissant d’amélioration de la santé pouvant être appris relativement facilement, ce qui le rend accessible à la population en général mais, qui plus est, il a créé un organisme capable de transmettre ses connaissances à un large public. Interrogé un jour quant à la raison pour laquelle il avait choisi le style « taoïste » pour décrire sa propre synthèse, maître Moy a répondu qu’il aurait pu choisir le « style Moy », ce qui, dans le monde des arts martiaux, est pratique courante quant à la dénomination des nouvelles variantes; mais il a précisé qu’il avait choisi l’appellation taoïste pour souligner ses origines dans la tradition taoïste. Malgré sa remarquable réalisation de cette synthèse sous la forme d’un art de santé complet, M. Moy reconnaissait ainsi que l’oeuvre de sa propre vie n’était autre que la poursuite de l’oeuvre d’une longue lignée de générations d’adeptes ayant contribué à la transmission de ces remarquables connaissances.

Afin d’améliorer la compréhension des fondements des arts internes de santé tai chi taoïste ™ et de faciliter la compréhension mutuelle entre les cultures orientale et occidentale, maître Moy a contribué à la création de nombreuses organisations axées sur les arts internes taoïstes. Jusqu’au moment d’immigrer au Canada, il a participé activement aux activités de l’Institut Yuen Yuen, temple traditionnel axé sur les trois religions et situé à Hong Kong. En 1968, en collaboration avec les maîtres taoïstes Mui Ming-to et Mme Tang Yuen Mei, il a fondé le temple Taoïste Fung Loy Kok, situé dans les Nouveaux Territoires, à Hong Kong. En plus d’avoir créé la Société de tai chi taoïste du Canada en 1970, maître Moy (en collaboration avec maître Mui Ming-to) a mis sur pied l’Institut de taoïsme Fung Loy Kok, à Toronto, en 1981, et d’autres sections de cet organisme ont par la suite vu le jour au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. Maître Moy a aussi créé l’Académie de Lok Hup Gei Pang, dédiée à la mémoire de son enseignant, maître Liang. L’exemple personnel de dévouement et de compassion de maître Moy a aidé de nombreuses personnes, et sa compréhension profonde des arts taoïstes a permis de retrouver une grande partie des connaissances des anciens sages taoïstes.

® L'association de tai chi taoïste de France